Semaine 23 : Fin du voyage en Inde

Nous voilà arrivés sur Delhi. J’attendais cette ville avec impatience malgré la mauvaise réputation de la capitale. Toutes les personnes rencontrées lors de notre voyage nous ont dit : « Delhi, tu n’y restes pas plus de trois jours sinon tu deviens fou. »dscf1750

Une fois sur place, notre première impression confirmera les dires. Le métro de Delhi est un vrai capharnaüm. Plus il y a du monde qui veulent sortir ou entrer, plus les gens poussent. Aucun civisme ! Les gens poussent littéralement les autres et courent dans le wagon pour trouver une place assise. Je commence même à regretter mes trajets quotidiens sur la ligne 13, pour vous dire… Promis, j’arrêterai de me plaindre de cette ligne. Je commence même à trouver les Parisiens pleins de courtoisie !

Petite anecdote, après notre visite du Lotus Temple (à lire à côté de votre radiateur branché à 30°C et votre nez au-dessus de votre poubelle pour être en totale immersion), une femme tenant son nourrisson de quelques mois dans ses bras s’est retrouvé bousculée violemment par les personnes voulant rentrer et sortir du métro.

 

Mais nous avons appris à ne pas nous fier à notre premier jugement. Cette capitale peut nous surprendre. Laissons-nous emporter par la magie et ce je ne sais quoi qui entoure cette ville. Il règne sur Delhi une atmosphère particulière avec une ambiance indescriptible.

On trouve rapidement un petit hôtel pour la soirée. Pierre-Do n’est pas en grande forme en ce moment et, à vrai dire, je ne suis pas non plus au top. Après avoir mangé un bon poulet curry, ce plat se transforme en un vrai cauchemar quatre heures plus tard. Je vous laisse imaginer la longue nuit que j’ai vécue.rue-delhi

Tout occidental venant en Inde passe par cette case-là : c’est inéluctable !

On faisait un peu peine à voir dans notre pauvre lit mais ce sont les joies du voyage. Sur le coup, on ne faisait pas les fiers, mais en y repensant, c’est assez cocasse !

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Après quelques jours de « repos », il serait bien de visiter la ville. Mais impossible de sortir de la chambre. Nous sommes littéralement bloqués, comme si j’angoissais à l’idée de sortir et d’affronter ce bruit, cette odeur, de devoir me battre pour obtenir un prix correct à chaque fois qu’on souhaite acheter quelque chose ou payer les services d’un rickshaw.

Mais nous ne sommes pas des aventuriers en carton plume, nous trouvons la force de sortir.
Ça ne durera que quelques minutes pour mon compère, pris d’une violente envie. Je m’aventure donc seul, dans les dédales de ce tumulte infernal. J’essaye d’apprécier la ville, voire même de me forcer à l’aimer. Mais en rentrant quelques heures plus tard je suis vidé. Je m’effondre sur le lit en me demandant pourquoi je suis comme ça.

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Après cette petite sieste récupératrice il est temps pour nous de nous préparer car nous sommes invités à l’ambassade de France pour voir la demi-finale de la coupe d’Europe contre l’Allemagne. Pierre-Do a réussi à choper des invitations. On ne s’imaginait pas vraiment être comme des fous dans une chambre d’hôtel au cœur de Delhi à 3h 00 du mat’ et sauter sur le lit comme deux imbéciles. Qu’il est plaisant d’être entre Français pour voir un tel match.

match-euromatch-euro-2Et je peux vous dire que ça valait le coup. Nous faisons la rencontre de jeunes en études, en échange, en stage ou en vacances. Il n’y a pas de petit buffet comme on l’espérait, mais on retrouve du Ricard pour l’apéro et du pain. Tout le monde sait que l’anis est bon pour les maux d’intestin. C’est donc pour des raisons purement médicales que nous allons boire ce soir-là.

 

Et quelle soirée ! Nous ferons la fête jusqu’à point d’heure avec des Français originaires des quatre coins de la France.

Du coup on se donne rendez-vous quelques jours plus tard pour la finale. Remontés à bloc et chaud patate, je vous laisse deviner comment s’est finie la soirée : un pétard et dodo.

Nous pensions à cette petite frustration de ne pas être avec vous et chez nous pour célébrer une victoire européenne à domicile. Mais le fait d’être à l’autre bout du monde et surtout coupés de toute nouvelle nous a permis de passer à autre chose beaucoup plus rapidement.

 

C’est donc avec amertume que nous nous levons le lendemain en décidant d’aller visiter le Lotus Temple pour penser à autre chose. L’endroit est magnifique malgré le monde qu’il y a pour la visite.DSC_2303

Avant de rentrer dans le temple, nous avons quelques instructions de la part de bénévoles nous disant qu’il ne faut pas faire de bruit afin de respecter ce lieu ainsi que les personnes venues s’y recueillir. Tant mieux, avec Pierre-Do on aime bien ce genre d’endroit, on pourra même méditer un peu.

C’était sans compter avec le manque de respect de certains groupes d’Indiens. Des gamins qui courent partout ou qui pleurent, on ne peut pas trop leur jeter la pierre, ce sont des enfants. Mais alors les adultes qui n’ont aucune gêne pour parler entre eux de la pluie et du beau temps, qui se font reprendre par les bénévoles venus leur dire qu’il faut se taire et qui dix secondes plus tard recommencent de plus belle, j’appelle ça un manque de respect et du je-m’en-foutisme total.

Le plus drôle c’est qu’avec Pierre-Do, on ne s’assoie jamais l’un à côté de l’autre dans ce genre de lieu pour être seul et avoir un moment pour nous. On essaye donc de se mettre là où il n’y a personne. Et qui vient s’asseoir juste à côté de lui : trois Indiens alors qu’il y a des bancs libres partout. Et par-dessus tout, je les vois parler à côté de lui sans lui adresser la parole et se foutre de notre gueule car nous sommes en train de méditer.

Difficile pour nous d’apprécier l’Inde dans des moments pareils.

 

On peut dire qu’on a un peu roulé notre bosse et vu du pays. Pourquoi n’arrivons-nous pas à aimer l’Inde ? Qu’est ce qui ne va pas chez nous ? Nous tentons de faire une petite introspection pour essayer de trouver la raison et une solution à ce problème.
Nous arriverons à la conclusion que l’Inde, soit tu aimes, soit tu n’aimes pas DU TOUT. C’est blanc ou noir, il n’y a pas de gris. Nous avons rencontré de belles personnes, on nous a souvent aidés sur la route et le stop fut assez simple au final.

Cette chaleur insoutenable a été assez dure à gérer également. Comment continuer vers le Rajasthan alors que c’est la région la plus aride du pays ? Nous avons vécu des journées à plus de 50°C de ressenti et on visiterait un endroit encore plus chaud ? Ce n’est pas pour nous.

C’est un tout qui fait que nous n’arrivons plus à sortir de notre chambre d’hôtel.

Nous avons rencontré un expat’ qui m’a dit que généralement les voyageurs qui traversent toute l’Asie préfèrent soit les pays bouddhistes comme une partie du Népal et les pays de l’Asie du Sud-Est, soit les pays hindouistes. Et il faut croire que la culture hindi n’est pas pour nous.

 

Nous avons l’impression de laisser toute notre énergie dans un seul pays alors que nous ne sommes qu’au tiers de notre aventure. Il faut donc prendre une décision. C’est décidé nous partons demain pour le Laos. Il est temps d’arrêter de reculer et de remettre la machine en route.

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Mais les tracas indiens ne s’arrêtent pas là. Ça ne serait pas drôle sinon ! On décide d’acheter directement notre billet grâce au Wifi de l’aéroport.

A notre arrivée devant l’entrée, un militaire nous stoppe. Impossible de rentrer dans le terminal sans billet. Quoi ? Mais nous voulons acheter un billet depuis le terminal. Il nous indique alors qu’au bout de l’aéroport, il y a un endroit pour en acheter. Si il y internet, pas de souci. Mais une fois sur place, pas de connexion internet, et nous ne trouvons que deux agences. Qui sait, peut-être qu’ils ne prennent pas trop de taxe. On nous demande quasiment 1000 euros pour deux billets Delhi-Vientiane. QUUUUOIIIIII ?? Mais c’est plus de quatre fois le prix. Notre avion est dans moins de deux heures et nous n’avons toujours pas de billets. Oui, le stress commence à monter. Comment faire ? C’est un comble. Nous devons rentrer dans le terminal pour acheter nos billets mais sans billets nous ne pouvons y accéder.

Nous sommes en plein désarroi quand une hôtesse vient nous voir et nous demande ce qui ne va pas. Elle accepte gentiment de partager la connexion internet de son téléphone. Mais nous voilà avec un autre problème sur le bras. Il est impossible d’acheter un billet d’avion trois heures avant son départ.

Bon, on achète celui de 11 heures du matin en espérant pouvoir le changer avec celui qui part ce soir.

 

On se précipite voir notre charmant militaire et là, il nous refuse l’entrée encore une fois. Qu’est ce qui ne va pas cette fois-ci ? Seules les personnes avec un billet d’avion décollant dans les six heures peuvent rentrer dans le terminal. Mais c’est une blague ? C’est un cauchemar.

Encore une fois, face à notre désarroi, un agent d’accueil vient nous voir. Il nous dit qu’il prend son service dans 30 minutes et qu’il reviendra avec une personne de notre compagnie aérienne.

 

Une demi-heure plus tard, le revoilà avec une hôtesse. Il nous dit de venir en passant la sécurité, et notre copain le militaire, devinez quoi : il ne nous laisse toujours pas passer, même accompagnés de l’agent d’accueil et de l’hôtesse. Il faut appeler un supérieur pour que nous puissions passer.

Une fois dans le terminal, tout se passe comme prévu. On arrive à changer notre avion et notre correspondance. C’est un grand soulagement de savoir que nos mésaventures indiennes s’arrêtent ici. Il est grand temps de changer d’air et de respirer un peu.

 

 

Tristes de n’avoir pas réussi à nous adapter mais heureux de savoir que nous allons dans un pays aussi peu peuplé que le Laos, avec seulement sept millions d’habitants ; ça nous changera.

De belles choses sont à venir, j’en suis sûr.

 

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