Semaines 24-25 : LAOS

Le Laos, un nouveau départ

Si au jeu des capitales on m’avait demandé il y a quelques mois de nommer la capitale du Laos, j’aurais été bien incapable de répondre. Vientiane. Vous en avez déjà entendu parlé vous ? Nous, avant de la voir en possible destination, non. Avec cette frontière indo-birmane fermée et ce visa double entrée thai qui nous aurait été absolument nécessaire et qui coûte un bras, le Laos paraissait un bon endroit où atterrir. De plus, Sam mon ancien voisin qui habite dans le coin m’a averti qu’il y avait une bonne influence française au Laos (à la gloire de notre empire colonial !), et qu’il serait possible de trouver de la bouffe française, à commencer par du pain. Oh sainte Marie mère de Dieu…

20160716_150725_hdrdscf1800dscf1809

A l’arrivée, nous ne sommes pas beaux à voir. Clairement, l’Inde nous a vidés, au sens propre comme au figuré. J’ai le bide en vrac, j’ai perdu pas mal de poids, je ne me sens vraiment pas bien et mon appétit est en berne.

On part donc en quête d’une piaule pas chère pour prendre du temps pour se reposer. Nous trouvons deux lits de libres dans un dortoir de six ou il y a pour l’instant une personne. Cette personne, c’est Park, un sourd muet qui communique avec les mains, et nous sommes impressionnés par sa capacité à se faire comprendre. Bon en même temps, ses premiers « mots » pour nous ont été « allez vous laver les gars, vous schlinguez grave ». Oui, arrivant tout droit d’Inde et après un long trajet en avion, on te l’accorde, on doit laisser traîner derrière nous une odeur épaisse…

 

Sur le chemin menant à la guesthouse, on a vu des enseignes de restaurants avec des noms français, et ça nous a bien évidemment attirés. Oui, nous aimons découvrir les spécialités locales et c’est d’ailleurs un plaisir de goûter de nouvelles choses mais là, on a envie d’un goût d’authentique, un goût de brasserie parisienne. On ne sera pas déçus. Pour la plupart d’entre vous qui êtes en France, cela peut sembler banal, mais pour nous, le dîner bavette sauce au poivre / gratin dauphinois / petite salade, comté / saint nectaire fermier, le tout arrosé d’une bonne Chouffe, j’en ai l’eau à la bouche rien que d’en reparler. Au Laos, on peut trouver certains produits français, et pas si chers que ça. Je crois que je n’ai jamais été aussi heureux en achetant des « Kiri »…

 

On a pas grand chose à vous dire sur nos premiers jours à Vientiane, déjà parce qu’en dehors de leur arc de triomphe et d’un temple, il n’y a pas grand-chose à voir, mais aussi parce que mon activité principale, c’était dormir. Après une ultime visite chez le médecin (qui plus est, français), on hérite d’un traitement de choc sensé nous remettre sur pieds. Ça tombe bien, on est à bout là.

dscf1839dscf1811dscf1882dscf1904

Un bout de chemin avec Sophie la Strasbourgeoise

Lors d’un de nos derniers soirs, on entend une nouvelle cliente arriver à la réception : « Elo, aïe ave a bouking for a roume » Ah, on sait d’où elle vient ! Nous échangeons quelques mots le soir puis nous la revoyons le lendemain. Cette fille c’est Sophie, une Strasbourgeoise venue seule passer trois semaines de vacances au Laos. Elle a l’air cool, alors nous lui proposons de se joindre à nous pour aller au Buddha Park le lendemain.

Une sortie bien sympa ! Le Buddha Park est sympa mais selon moi ne casse pas trois pattes à un canard non plus. Par contre ce qui est carrément cool, c’est que nous avons loué des scooters pour la journée, et que pour la première fois depuis le début de ce voyage, nous conduisons, et nous retrouvons le plaisir d’aller où on veut, quand on veut. On en profite pour s’enfoncer dans les campagnes, observer les paysans piquer le riz dans les rizières, échanger quelques mots avec de jeunes moines dans un monastère paumé au milieu de rien. C’est fou ce que cette petite brêle à moteur nous offre comme liberté !

dscf1940 dscf1931dscf1953dscf2025dscf1975dscf2073

Nous avons vraiment un bon feeling avec Sophie, et comme notre mode de voyage en stop la chauffe bien, nous décidons de faire un bout de route ensemble. D’après l’article que nous avons lu sur Hitchwiki, voyager en stop au Laos est très compliqué. Passer de deux à trois stoppeurs n’est donc pas forcement une bonne idée, mais on se dit qu’au pire, elle enlèvera le haut et qu’on sera pris à coup sûr 😉

 

Au final, le stop au Laos, ça marche, et même bien. Pas autant qu’en Iran certes, mais franchement mieux qu’en Grèce ou qu’en Autriche ! Etait-ce la présence féminine qui faisait la différence ? On ne saura pas car Sophie restera avec nous plus longtemps que prévu.

 

Une chose que nous pouvons vous dire ; la campagne laotienne est belle. Entre rizières, montagnes, collines, rivières et cascades, ça en jette !

Et ce qui en jette encore plus, ce sont les Laotiens eux-mêmes. Des gens accueillants, de bonne humeur et surtout très souriants. Un vrai plaisir.

20160721_172658_hdr20160721_173024_hdrdsc_2337

Il y a moins de touristes au Laos que dans d’autre pays d’Asie du sud-est, et il est possible que cela fasse la différence. Les gens ont sincèrement l’air d’être contents de nous voir. Partout où nous passons, on nous dit bonjour, on nous fait un signe, on nous jette un sourire. Et pas une fois on ne nous a arnaqués. Si, en fait, une fois, mais on va dire que c’est l’exception qui confirme la règle. Juste pour nous rappeler que comme à chaque fois, il y a des gens bien et des connards partout. En tout cas après l’Inde, le Laos nous fait vraiment du bien au moral. On s’y sent bien, et cela nous rappelle que si les choses ne vont parfois pas comme on l’espérait, elles reviendront dans le bon sens bien assez tôt.

 

Vang Vieng, la ville aux deux visages

Depuis Vientiane, nous montons à Vang Vieng. C’est apparemment un passage obligatoire. La ville en elle-même n’est pas folle, mais la nature autour vaut le coup d’œil. Ayant loué d’abord des vélos, puis des scooters par la suite pour voir plus de choses, nous passons sur des routes en plein milieu des rizières, avec ici et là, comme saupoudrés n’importe comment, des pains de sucre dans le paysage. Nous profitons de notre mobilité pour aller nous baigner dans des rivières, ou d’anciennes gravières. Comme le Laos n’a pas d’accès à la mer, il faut bien trouver des solutions pour se baigner !

dsc_2326dscf211520160721_135936_hdrdsc_2339

Par contre, nous n’avons pas fait de tubing ! A Vang Vieng, c’est une institution. Le principe ? Descendre la rivière le cul posé dans une énorme bouée, en s’arrêtant dans tous les bars qui longent la rivière pour boire un coup.

Il faut savoir qu’il y a encore quelques années, Vang Vieng était THE spot pour célébrer la fin des études pour pas mal d’occidentaux. La raison ? Drogue, sexe et rock’n roll ! Imaginez des centaines de jeunes qui se retrouvent pour se la coller sévère, dans un endroit où l’on peut tout trouver facilement. Un gros Spring Break à l’asiatique. Sauf qu’évidemment, l’alcool et la drogue ramènent leur dose de problème, et qu’au bout d’un moment l’état laotien a choisi de mettre un terme à cette beuverie.

 

Désormais, on peut donc distinguer deux types de touristes à Vang Vieng, les nostalgiques de ces années de débauche qui trouvent encore leur bonheur (bien qu’un peu plus caché), et ceux qui viennent pour voir le « countryside », car on vous le redit, le Laos, ça envoie !

 

Le stop comme meilleur moyen de transport

Le stop était sensé être difficile au Laos, bah on peut vous dire qu’on n’a pas compris pourquoi. Certes, sortir des villes est compliqué, mais comme partout en Asie, et en dehors de ça, les gens sont prêts à aider et n’hésitent pas à s’arrêter pour nous. Entre Vientiane et Vang Vieng, un seul lift a suffit. De Vang Vieng à Luang Prabang, cela n’a pas été aussi direct, mais nous avons de toute façon mis moins de temps que le bus qui fait la liaison entre les deux villes. Et puis après avoir vu un bus retourné dans la montagne, et l’état de la route, on se dit qu’on n’est pas plus mal à l’arrière d’un gros 4×4.

 

Luang Prabang, la perle du Laos

Luang Prabang, c’est le coup de cœur du Laos. Ancienne ville capitale, c’est un petit bijou. Une ville à l’image du Laos, belle, accueillante, à taille humaine. Ouverte au tourisme à partir des années 1980, elle a su garder son authenticité. Un mélange d’architecture Laotienne et coloniale en fait son charme.

20160726_182437_hdr dscf2381 dscf2341

Après une journée pour prendre nos quartiers dans une petite auberge, une soirée pour découvrir l’Utopia, LE bar de l’Asie du sud-est (bien qu’on n’ait pas la prétention de dire qu’on les a tous fait, Dieu merci), nous nous rendons aux célèbres chutes d’eau. C’était un dimanche midi, et on vous imaginait à table à partager un poulet rôti, en se disant que oui, certaines choses nous manquaient, mais qu’en nageant au milieu de ces bassins d’eau claire, on n’était pas à plaindre non plus.

Life could be worse dude, life could be worse…

dscf2147dscf221620160724_161249dscf2289

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *