Semaines 26-27 : LAOS / VIETNAM

20160727_104145_hdrAprès avoir passé une magnifique journée tous les trois à nous baigner dans un endroit paradisiaque nous avons entendu parler de la marche des moines. Enfin quand je dis nous, c’est plutôt Sophie et son Routard sur le Laos qui nous a soufflé ce rituel. Comme quoi, avoir une fille dans le groupe peut être utile 😉

Le réveil sonne, il est 5h du matin ! Déjà qu’on n’est pas du matin, mais là, nous avons dormi trois petites heures. On se motive comme on peut et on part se placer dans la rue.
Nous sommes donc fin prêts pour assister à la cérémonie de l’aumône. Tous les matins des 365 jours de l’année, à l’aube, la centaine de moines défilent pieds nus dans la rue pour demander l’aumône de nourriture à la population. C’est un moment chargé en émotions. Il y a un silence de cathédrale dans la rue et les moines défilent sous nos yeux en acceptant la nourriture donnée par les locaux. Un vrai moment de recueillement jusqu’à ce qu’un car de touristes arrive et que, sans gêne, ils se placent devant tout le monde et commencent à les photographier sans respect. Heureusement, nous avons vécu le début sans cette horde de paparazzis venus juste pour capter LA photo de voyage.
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Aujourd’hui il fait chaud, vraiment très chaud. Le seul moyen de se baigner c’est le pool bar de la ville. On ne se fait pas prier et on pique une tête dans la piscine avec un petit mojito à la main. Avec Pierre-Do, on a vite compris que ces journées à ne rien faire et juste profiter étaient primordiales. Il faut savoir ménager sa monture pour aller loin. Du coup journée chill tous les trois ; tranquille le chat !

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Mais le repos est de courte durée. L’objectif est d’atteindre le Vietnam par le nord comme prévu depuis le début. Sauf qu’il n’est possible de passer cette frontière qu’avec le visa vietnamien sur le passeport et nous pensions nous le faire faire à la frontière. Bon, bon, bon… Il va falloir faire marche arrière et repartir jusqu’à Vientiane pour ensuite aller jusqu’à Vinh au Vietnam qui est la frontière la plus proche ; et ça fait pas mal de route en plus.
Et Sophie dans l’histoire ? Elle ne sait pas trop quoi faire. Elle avait prévu de faire le sud du Laos pour ensuite rejoindre sa pote au Cambodge. Mais on forme un bon trinôme ; on rigole bien, on avance bien en stop et le Vietnam, pays qu’elle a déjà visité, la tente vraiment. Il faut aussi dire qu’on est vraiment cool donc pourquoi nous quitter ? C’est décidé, elle restera avec nous le plus longtemps possible avant de prendre la direction du Cambodge. Qui sait, on peut peut-être se recroiser là-bas !

 

Il faut donc se remotiver et essayer d’avancer le plus vite possible en reprenant la même route. Et la chance nous sourit de nouveau ! Un très joli 4×4 Lexus nous prend tous les trois et nous emmène jusqu’à Vang Vieng. Et après avoir mangé un bout on reprend le stop, et qui s’arrête à nouveau ? Le fameux Lexus.

« Allez montez, on vous emmène jusqu’à Vientiane ! »

 

C’est à ce moment-là que tu apprécies vraiment de voyager en stop, pour ces belles rencontres mais aussi parce qu’en bus ce trajet nous aurait pris deux jours. Je commence même à rêver d’arriver au Vietnam dès le lendemain.

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J’ai peut-être un peu trop rêvassé car on atterrira dans une sorte de ville de gitans laotiens sans nom. On ne retrouve plus du tout les repères que nous avions eus dans les autres villes. Musique à fond dans la ville jusqu’à minuit, des manèges pour enfants avec la même musique qui tourne en boucle et je vous assure qu’au bout de quatre heures, tu commences à devenir fou.

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Mais nous ne resterons qu’une soirée et repartirons tous les trois dès la première heure. Nous passerons la soirée à refaire le monde et à nous marrer comme à notre habitude. Ce soir les étoiles sont au rendez-vous, et nous passerons un petit moment à les contempler. C’est donc la dernière fois que nous les verrons depuis le Laos.

On prend conscience que le Laos nous a vraiment marqués. Nous avons trouvé des sourires tout au long de notre voyage, des personnes généreuses et ouvertes, contentes de nous faire découvrir leur magnifique pays. En plus de ça, on a rencontré Sophie qui continue à voyager avec nous. J’en suis le premier ravi car elle apporte un peu de fraîcheur dans le binôme qu’on fait avec Pierre-Do. On se sent un peu moins seuls à certains moments. En plus de ça, malgré son attelle au pied et son sac de 15kg, elle avance sans rien dire et a réussi à trouver sa place dans ce nouveau groupe avec une facilité déconcertante. Bref j’ai hâte de voir ce que va donner le Vietnam à trois.

 

Après une journée ponctuée de lifts dans beaucoup de pick-up et un nombre incalculable de voitures, on arrive à Vinh. Objectif atteint !

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Malgré le peu de distance qui sépare le Laos du Vietnam, je sens vraiment un vrai décalage. Pour commencer, les rues sont noires de monde avec des scooters qui klaxonnent. Ça grouille de partout et ça change du Laos et de sa tranquillité. Les gens qu’on rencontre ne parlent pas un mot d’anglais donc, rien que pour réserver une chambre d’hôtel avec trois lits, c’est un vrai casse tête. Mais comme toujours on ne s’en sort pas trop mal !

 

On souhaite atteindre Hanoi, la capitale vietnamienne pour ensuite se faire la fameuse baie d’Halong. Après nous être renseignés sur internet, nous apprenons que le stop marche plutôt bien dans ce pays. On verra bien par nous-mêmes. Du coup, si on reste sur l’autoroute, pourquoi ne pas rêver d’atteindre Hanoi dès le lendemain (Oui, oui, je rêvais beaucoup à cette époque) pour profiter de la ville, car nous n’avons que quinze jours de visa. Il ne faut donc pas traîner.
Et à notre très grande surprise, les voitures au Vietnam n’avancent pas. Ce que je veux dire, c’est que sur une autoroute les véhicules vont rouler au grand max à 60 km/h.
On a seulement 300 km à faire, et cela nous prendra trois jours. Impossible d’avancer plus vite. A croire que les gars ont tous fait un stage à la poste.

 

Seule satisfaction dans l’histoire c’est lorsqu’un amateur de Jeep de l’armée américaine nous prend en stop : voiture complétement rénovée, avec les gilets pare-balles, les grenades, les fusils, les jumelles, bref… Je me prends pour un GI le temps d’un lift.

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L’arrivée sur Hanoi est assez dure à vivre. Nous sommes exténués, la chaleur nous assomme littéralement et la pollution de la ville ne nous aide pas à nous sentir mieux.

On se trouve une petite auberge et on passe quelques jours à découvrir cette magnifique capitale.Les rues sont animées, les bâtiments sont magnifiques, il y a de la joie partout où l’on passe. Je ne m’attendais pas du tout à ça et j’en suis agréablement surpris.

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Depuis l’Asie, rencontrer des locaux est beaucoup plus compliqué, du coup on rencontre beaucoup plus de backpackers. Et ce qui est bien c’est qu’on se refile les bons tuyaux. Normalement, tous les touristes voulant visiter la Baie d’Halong vont directement au ferry de la ville, prennent un ticket à 30 dollars et se retrouvent sur un ferry blindé de monde, et là il n’y a plus qu’à suivre tous les autres ferrys pendant deux heures, et la journée est finie.

Mais grâce aux différentes rencontres, on a appris qu’il y avait un ferry en partance de Quai Rong, situé à une heure au nord d’Halong city. Pour seulement 2,50 euros, on a pris un petit ferry pendant 2h30 en direction Quan Lan, l’une des îles habitables de cette immense baie.

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La traversée a été géniale. Nous avons rencontré deux couples de baroudeurs qui connaissaient également ce bon plan et on a pu profiter au calme de cette merveille de la nature. Selon la légende, c’est un dragon qui vivait sur la baie qui a tout détruit sur son passage, et avec la montée des eaux, c’est devenu ce que nous voyons aujourd’hui, des pains de sucres de partout. Nous n’aurons croisé que quelques bateaux de pécheurs le long de la traversée. En gros, c’était un gros kiff et c’est pour ça que je voyage. Tout n’est pas rose tous les jours. Mais lorsque je vois ça, j’oublie tout et je me dis encore une fois que partir fut la meilleure décision. Comment renoncer au voyage alors que les beautés de ce monde apparaissent sous nos yeux chaque jour ?

 

Autant vous dire qu’une fois arrivés sur l’île, on a un peu galéré. Comme si tous nos sens de l’orientation avaient disparu. Nous avons mis 45 mn à trouver la plage principale alors que nous étions sur une île, quand même ! Nous avons également perdu notre hôtel à deux reprises. Impossible de le retrouver alors qu’il n’y a qu’une seule rue. Cette île est décidemment ensorcelée.

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Moment assez cocasse, avec Pierre-Do une petite faim nous prend. On commande des frites avec des chicken wings. Je vous laisse deviner notre réaction lorsqu’on a vu notre assiette. Ceci dit, on ne peux reprocher la présentation qui semble être soignée. L’Asie est décidemment pleine de surprises.

 

20160803_164536_hdrSophie partant dans quelques jours, il faut qu’on avance le plus loin possible. Mais comment faire les 1000 km qui nous séparent de Hoi Han, ancienne capitale du Vietnam, en moins de deux jours ?

On fera une petite entorse à notre règle du stop et on prendra un sleeping bus. On pourra dire que c’est de la faute de Sophie comme ça 😉

Autant vous dire que les sleeping bus vietnamiens valent le détour. Tout le monde est bien installé et allongé confortablement. Sauf qu’on est les seuls touristes avec deux autres Tchèques. Du coup, on est au fond du bus, au-dessus du moteur, et Je vous laisse imaginer la chaleur que nous souffrons, entassés à cinq dans la pauvre cabine.
Après avoir plus ou moins réussi à dormir, enfin, plus moins qu’autre chose, le chauffeur nous réveille à 4h du matin.
« Hué, Hué, YOU HAVE TO GO, QUICK QUICK QUICK ! »

 

Pas le temps de réfléchir. Ici quand il faut descendre, on ne rigole pas : tu as 30 secondes pour faire ton paquetage et descendre du bus en espérant ne rien oublier (ça c’est plus pour moi, qui oublie tout).

Car le Vietnam recèle plein de personnes sincères et honnêtes. Quand tu sors du bus, il fait nuit noire et tu es encore dans le coltar, donc tu ne comprends pas vraiment ce qui t’arrive. Il est 4h du matin et d’un coup une dizaine de chauffeurs de taxi te prennent la main pour te faire monter dans leur taxi.

 

« Ola, les amis, on va se détendre ! Déjà, où sommes nous ? »
Comme par magie, nous ne sommes pas du tout dans la ville mais à plus de 15 km de là.

 

C’est aussi ça la vie de voyageur, être pris pour un pigeon. Mais vu qu’on est « un peu » des têtes de mules, on refuse tous les taxis qui veulent nous racketter et on commence à marcher en direction de la ville. A ce moment on remarque qu’effectivement, on n’a pas beaucoup dormi dans le bus et que ça devient dur d’avancer. Par miracle, on arrive à négocier un taxi sans se faire avoir. Arrivés au cœur de la ville, on tombe nez à nez avec ce magnifique levé de soleil sur l’ancienne capitale impériale du Vietnam. Toute envie de meurtre disparaît face à une telle beauté.

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On ne restera que deux nuits dans la ville, le temps de visiter la cité impériale et de se perdre dans les rues. Sophie devant rejoindre le Cambodge assez vite, on décide de faire une dernière ville ensemble.dscf2805dscf2778dscf2775

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Pour ça, il faut encore y arriver car cette journée de stop s’annonce compliquée. Il fait extrêmement chaud et nous devons sortir de la ville à pied car aucun bus ne s’y rend.
Après 1h30 de marche, 2 litres d’eau bus puis transpirés, et une Sophie qui est prête à tomber en syncope à cause de la chaleur, on arrive enfin à poser nos sacs pour commencer à lever le pouce.

J’ai à peine fini la pancarte qu’une voiture s’arrête pour nous.

« Vous êtes adorables de vous arrêtez pour nous, mais comment voulez-vous qu’on monte dans votre voiture ? »

« Pas de souci mon ami, on trouvera de la place. »

Je viens de comprendre qu’au Vietnam, les coffres de voitures ont un pouvoir magique. Ils étaient pleins à craquer de base et notre chauffeur arrive à tasser des valises entières.
Après 10 mn de tétris, nous voilà en route. Sophie est sur mes genoux et je me dis que la route va être longue car par chance, il nous emmène jusqu’à Hoi An. Comme à notre habitude on pense que le trajet va se faire rapidement. A peine 100 km nous séparent de notre destination donc dans une heure on y est, mais en roulant à 60 km/h (et le pire c’est qu’on doublait des voitures), nous mettrons plus de trois heures pour arriver sur place.

C’est une situation assez drôle mais ceci dit, ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu un lift aussi bien avec des gens aussi adorables.20160806_164742

 

Hoi An, c’est un peu la ville des lampions. Il y en a partout et de toutes les couleurs. Les touristes affluent de partout pour voir cette magnifique ville. Il y a une très bonne atmosphère ici. Les gens sont calmes, et il y fait bon vivre.

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Après avoir visité la ville, on prendra le temps de se faire une journée plage, l’une des plus belles du monde selon certains guides.

C’est vrai qu’elle n’est pas moche, mais de là à dire que c’est l’une des plus belles, je pense que les personnes qui ont fait ce guide n’ont jamais mis les pieds sur les plages cachées du sud-Finistère. (Je sais, je suis un peu chauvin, mais quand même !)
Seul souci, les méduses. Il y a des méduses partout et les Asiatiques s’amusent avec comme des enfants. D’ailleurs c’est assez amusant de les regarder sur la plage car ce sont de vrais gamins. On passera vraiment un bon moment sur cette plage à les regarder jouer.

 

Mais le lendemain, c’est le moment de dire adieu à Sophie. Nos routes se séparent. Elle part rejoindre sa pote au Cambodge et nous on à 1000 bornes à faire pour rejoindre Ho Chi Minh-Ville.

Reprendre la route à deux ne va pas être facile car ça fait maintenant trois semaines que Sophie est avec nous. On aura formé un bon trio et nous avons pris nos habitudes à vivre à trois. Il va falloir réapprendre à vivre à deux dorénavant. On rigolait tout le temps et surtout elle rigolait à nos blagues vaseuses. Ce n’est pas évident de trouver une personne aussi bon public. En plus de ça, elle avait trouvé sa place aisément et malgré son pied amoché et sa super attelle, elle avançait aussi vite que nous sans rien dire. Un vrai bonhomme quoi 😉 Il y a des chances que ce petit bout de femme nous manque. Le voyage permet de faire des rencontres inoubliables.

 

Mais qui sait, peut-être que nous la reverrons plus vite que prévu !

Vous le saurez dans le prochain article.

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