Semaines 28-29 : VIETNAM / CAMBODGE / THAÏLANDE

Retour au voyage à deux

Cela faisait trois semaines que nous voyagions à trois, et nous voilà de nouveaux tous les deux. Ça fait drôle, comme un retour à la maison après les vacances. En plus, nous sommes pressés par le temps, car notre visa ne nous autorise que quinze jours au Vietnam, et une semaine s’est déjà écoulée depuis que nous avons passé la frontière. Depuis Hué, nous devons rejoindre Ho-Chi-Minh-Ville le plus rapidement possible, et bien que le stop fonctionne au Vietnam, comme on vous l’a déjà dit, c’est très lent. Qu’à cela ne tienne, nous voilà en route et tout se passera pour le mieux, comme d’habitude !

20160823_151011_hdrComme un signe que notre chance est toujours avec nous, un gars s’arrête pour nous en sortie de ville. Il ne parle pas vraiment anglais et on ne sait trop où il va, mais pourquoi ne pas monter avec lui, au pire on descendra dans 500 mètres ! Il se trouve que le gars est vraiment sympa, mais son véhicule est peut-être le plus petit dans lequel nous soyons montés. Une espèce de camion en modèle très, très réduit. Dans la « cabine de pilotage », qui fait la taille de l’avant d’une smart, il y a le gars, Tom, moi et nos deux sacs. Autant dire qu’on optimise la place et qu’on a vite mal au cul ! Après un café froid à la vietnamienne chez des amis à lui, nous repartons.

 

Le stop, un concept étranger aux Vietnamiens.

Une des difficultés majeures au Vietnam, comme dans d’autres pays avant, c’est de leur faire comprendre notre mode de voyage. Nombre de personnes pensent nous « ramasser » sur la route et veulent nous ramener dans « le droit chemin », autrement dit à la station de bus ! Pour rendre les choses simples, nous disons simplement que nous n’avons pas d’argent. C’est une excuse bien pratique mais c’est faux et cela me rend parfois mal à l’aise. Quand un bus nous prend (avec bienveillance) gratuitement, mais qu’on voit une petite vieille clairement beaucoup plus pauvre que nous payer son ticket, ça dérange. Seulement, on se rappelle que c’est justement grâce à ce mode de transport que nous avons pu grandement réduire nos frais et arriver jusque-là.

 

Alors que nous sommes dans le 7ème ou 8ème lift de la journée, les deux personnes qui nous ont pris, costards-cravates et PDG (au moins !), font quelque chose qui nous surprend. Alors qu’on explique encore une fois que nous n’avons pas d’argent pour prendre le bus jusqu’à Ho-Chi-Minh, le conducteur repère un car devant nous sur la route. Il le prend en chasse ! à la manière de flics américains (oui, allez… j’embellis un peu la chose..), il nous fait un gros dépassement par la droite, se positionne au niveau du car et klaxonne comme un dingue, fait de grands signes par la fenêtre puis se poste devant lui pour le forcer à s’arrêter. Une fois sur le côté, il sort parler aux chauffeurs. Il nous fait quoi là ?

Notre pilote revient vers nous et nous dit : « c’est bon, montez avec eux, je vous ai pris deux tickets pour Saïgon » (ancien nom d’Ho-Chi-Minh).

 

Intérieurement : « Et ben mon vieux, on dirait bien qu’on a encore une fois le cul bordé de nouilles !! »

 

Au gars : un énorme merci un peu gêné, mais soulagé car nous serons bien dans les temps pour sortir du pays. Dans ces moments-là certains réflexes acquis durant notre voyage nous reviennent. Et là, c’est le « ewallah » (Je vais prier pour toi/ Dieu te le rendra) de la Turquie ou d’Iran qui a envie de sortir.

 

On se demande parfois pourquoi. Pourquoi tombons-nous sur des gens qui nous aident, nous donnent avec un désintéressement total ? On dit qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir et c’est sûrement vrai, mais ce qui est sûr, c’est que bien que nous donnions ce que nous pouvons donner actuellement durant notre voyage, nous sentons que nous accumulons une dette envers l’Homme. Que bientôt, ce sera à notre tour de donner à celui qui en a besoin. Oui, nous en avons la conviction, l’Homme est bon par nature. Et une leçon de vie dans la gueule, une !

 

Ho-Chi-Minh-Ville, le petit plus en moins.

Du coup, on a fait quasiment 800 bornes en sleeping bus jusqu’à Ho-Chi-Minh. Pour info, les sleeping bus, ce sont des cars comme les nôtres, sauf qu’au lieu d’être assis sans pouvoir allonger les jambes, t’as un vrai putain de lit juste pour toi et, pour des longs trajets, c’est carrément appréciable !

Pour nous, ce bus est le signe que la chance est bien toujours de notre côté, et c’est plaisant de le savoir !

 

Ho-Chi-Minh ne nous a pas marqués tant que ça. Oui c’est sympa comme ville, mais il n’y a pas eu ce petit plus qui nous a marqués comme l’atmosphère d’Istanbul, la tranquillité de Luang Prabang ou la beauté d’Ispahan. Sommes-nous passés à côté de quelque chose sans nous en rendre compte ? Peut-être.dscf2899

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dscf2893hochiminhAyant avancé bien plus vite que prévu, on se dit qu’on pourra même passer faire un tour à Sihanoukville au Cambodge. Ça nous permettrait de voir les plages cambodgiennes et également de retrouver Sophie et sa pote. Y a moyen de bien se marrer !

 

Phnom-Penh et la prison S21, le bad

Sortir d’Ho-Chi-Minh n’a clairement pas été de tout repos. Après avoir pris un bus pour nous sortir au max de l’agglomération, on ne se sent toujours pas vraiment « en dehors de la ville ». Comme depuis un moment en Asie, on sort notre panneau « 2 KM », censé arrêter plus de voitures. Ce coup-ci, c’est un bus qui s’arrête. Nous comprenons que ce bus va jusqu’à la frontière cambodgienne. Pour deux kilomètres, le chauffeur accepte de nous emmener gratuitement. Durant ce laps de temps, nous expliquons notre projet de tour du monde en stop et avec peu de moyens. Dans un élan de charité, le chauffeur nous sort un billet de 5 dollars pour nous soutenir dans notre aventure. Nous refusons poliment en lui expliquant qu’on ne peut pas accepter d’argent comme ça de sa part, cela nous met mal à l’aise. Par contre… s’il accepte de nous emmener gratuitement jusqu’à la frontière, ça serait carrément cool ! Dans un éclat de rire, il accepte, c’est gagné !

 

Passé la frontière et seulement deux lifts pour arriver dans la capitale (ça s’annonce bien !), nous sommes à Phnom-Penh.

S’il y a quelque chose qui nous a marqués dans la capitale cambodgienne, c’est bien la prison S21. OK, c’est sûrement glauque de vous dire que le plus marquant pour nous a été la prison la plus célèbre du régime des Khmers rouges, mais nous sommes contents de l’avoir visitée, comme un devoir de mémoire. Personnellement j’étais déjà allé à Auschwitz (et non, je n’ai pas de carte de membre des lieux d’extermination…) et j’ai limite trouvé ça pire. Concrètement le musée est très bien fait avec des audio-guides, des photos, tableaux et beaucoup d’explications. Il y a même certains panneaux vous rappelant qu’il est interdit de rire dans ces lieux. Comme si on avait envie de rire, tiens ! Cet enchainement : on vous jette en prison sans raison – on vous torture tous les jours jusqu’à ce que vous avouiez vos crimes (car oui, si la police secrète vous a arrêté, c’est que forcement vous avez commis un crime, elle ne se trompe jamais) – puis une fois que vous avez raconté n’importe quoi pour que la douleur cesse, on vous fait signer vos aveux puis on vous finit d’une balle dans la tête, c’est moyennement joyeux comme programme pour toutes les victimes passées par S21. Quand on pense que le régime des Khmers rouges a exterminé un quart de la population cambodgienne, c’est ahurissant. Imaginez que notre gouvernement bute 16 millions de français en cinq ans seulement. Complètement dingue…

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dscf2908Bon, pour un peu plus de fun, on nous a fait une proposition des plus inattendue dans la rue. Alors qu’on rentrait à notre auberge, un gars nous accoste, un de plus. Sauf que ce qu’il a à nous proposer sort carrément du lot. « Eh les gars ! Ça vous dit de tirer au bazooka ??! » WHAT ?? En effet, le mec tient même dans sa main une plaquette commerciale, et nous propose de tester toutes sortes d’armes dans un champ de tir, du glock 38 à la kalachnikov en passant évidement par le bazooka. N-O-R-M-A-L.

Bon, en tant que mec, c’est vrai que ça à l’air marrant, mais à 200$ la roquette, on sort un peu de notre budget. Ca sera pour une prochaine fois !

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Sihanoukville, plage de rêve pour nous tout seuls, le gros kiff

Notre séjour à Sihanoukville fut un vrai moment de détente. Il faut dire qu’on a bénéficié d’un combo gagnant. Je nomme le combo plage déserte – retrouvaille avec Sophie et sa pote Julie – grand beau temps – pinte de bière à 50 centimes (record battu !).

 

Profiter d’une plage de sable blanc avec une eau claire, c’est une chose. Par contre, avoir cette plage pour nous tout seuls, c’en est une autre ! Un petit coin de paradis, caché des touristes agglutinés quelques kilomètres plus loin. Le plaisir de profiter du calme, du seul bruit de la mer. Ce genre de moment où tu réalises que, bordel, t’es au Cambodge là. Ça fait presque sept mois que t’es parti de chez toi et que mine de rien t’en as fait du chemin. Que tout ce que tu vois autour de toi n’est aucunement familier. Ouaip, c’est exotique et tu profites du moment présent. Tout va bien.

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Lift n°300

Quand on pense aux attraits du Cambodge, on pense aux temples d’Angkor Vat. Un passage obligé. Ne pas y aller reviendrait à louper les pyramides en Égypte : inimaginable ! Il nous faut donc retourner vers Phnom-Penh puis rejoindre Siem Reap. En une journée, on a presque fait tout le chemin, soit 500 bornes. Alors, que la nuit tombe, notre chauffeur nous propose de nous faire goûter des spécialités culinaires cambodgiennes. Bien évidemment, on est partants ! Deuxième fois qu’on nous invite à manger de la journée ; le Cambodge et les Cambodgiens sont de formidables hôtes (sauf pour les glaçons dans la bière, ça c’est péché…)

Nous nous sommes régalés de plusieurs plats dont un curry de sanglier, et autres mets dont nous ne connaissons pas la composition, mais c’était bon ! En faisant le compte de lifts depuis le début du voyage, on se rend compte que notre hôte était notre 300ème   conducteur. Sans le savoir, nous avons célébré ce palier comme il se devait !

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Angkor Whaaaaat ??!

En plein milieu de la jungle, les temples d’Angkor sont surréalistes. Comme un décor d’Indiana Jones. Certains temples ont d’ailleurs servi de décor au film Tomb Raider, et on comprend pourquoi, c’est tout à fait l’esprit. Comme dans le jeu, on pourrait s’attendre à ce qu’une prophétie se réalise et délivre un dragon caché au fond du lac grâce à un alignement particulier des planètes…

Avec Clément et Gaétan, deux Français bien cool, eux aussi en voyage au long court, nous prenons des pass 3 jours pour visiter le site.

 

À moitié détruit pour certains, encore en bon état pour d’autres, mais dans tous les cas marqués par le temps, ces temples excitent votre imagination. À quoi pouvaient bien ressembler les cérémonies qui s’y tenaient ? Qu’y faisait-on ?

La nature ayant repris ses droits par endroits, vous trouvez des arbres aux racines gigantesques à cheval sur un mur, des passages sombres entre des salles dans lesquelles vous êtes observés par de multiples visages sculptés dans les blocs de pierres, des statues de divinités, d’animaux, des sculptures de scènes de vie.

 

Ce mélange jungle et temples abandonnés donne au lieu un caractère mystique. De tous les lieux et monuments marquants de notre voyage, les temples d’Angkor sont un de ceux qui m’ont le plus marqué, avec le camp de base de l’Annapurna.

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Dîner tarentule,

Si on voyage, c’est pour sortir de notre zone de confort et tester de nouvelles choses. À vrai dire, j’aurais bien aimé goûter du serpent, du chat ou du chien mais on n’en a pas eu l’occasion. Enfin si, une fois dans un resto à Phnom-Penh, il y avait de la « soupe de chien » mais perso je voyais plus ça en viande grillée avec des noodles, et je me voyais mal manger du chien en soupe. Du coup on a testé d’autres choses. Le Bug’s Café, c’est un lieu que je recommande à Siem Reap : un restau spécialisé dans la cuisine d’insectes. Au menu : tarentules, scorpions, vers à soie, crickets, fourmis, et franchement ça n’était pas dégueu ! Alors que Mick Dundee disait « C’est bourré de protéines, mais ça a un goût de chiottes », et ben là je ne dirais pas que je mangerais ça tous les jours, mais que les vers à soie grillés, comparés à des cacahuètes pour l’apéro, ça passe aussi bien !

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La Thaïlande, vite, ça urge !

Mine de rien, nous sommes pressés par le temps. Nous voulons passer voir Sam, mon ancien voisin de Clermont, à Chiang Mai où il vit actuellement, car j’ai loupé cette partie de la Thaïlande lors de mon dernier passage en 2011, et beaucoup de voyageurs m’ont dit que le nord de la Thaïlande valait vraiment le coup d’être vu. C’est un chauffeur de taxi qui nous emmènera gratuitement jusqu’à la frontière. On ne dit pas non !

Les passages de douanes sont toujours des moments où l’on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Alors que certains douaniers sont plus que relax (Turquie, Iran), d’autres le sont beaucoup moins, et pour notre entrée en Thaïlande, nous avons croisé les plus cons jamais vus jusqu’à présent. Bien que tous les noms d’oiseaux connus et inconnus soient sur le bout de ma langue (oui le voyage nous enseigne surtout la tolérance et l’acceptation des cultures), un douanier reste un douanier, et même s’il te manque de respect et te prend clairement pour un abruti, tu dois baisser ton froc sous peine de ne pas passer la frontière. La loose…

 

L’inattendu, le stop et Chiang Mai

Le stop en Thaïlande, ça marche oui MAIS, le problème est qu’on nous dépose généralement à l’entrée des villes et qu’il nous faut ensuite les traverser pour retendre le pouce, et ça, ça prend un temps fou. Cela dit ça nous force à visiter. On est par exemple tombé en pleine ville sur un temple rempli de singes qu’on n’aurait pas vu autrement. Et puis vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui ont passé une nuit à Kabinburi ?? Faut sortir des sentiers battus quoi.

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Arrivés à Chiang Mai, nous nous mettons directement à visiter la ville, et ça vaut le coup d’œil. Comparé à ce que j’ai pu voir lors de mon dernier passage en Thailande, Chang Mai ressemble plus à ce qu’on a pu voir au Laos ou au Cambodge. De beaux temples et un centre ville charmant. Malheureusement, on ne pourra pas s’éterniser, bien que l’envie de visiter plus en profondeur le nord de la Thaïlande soit bien présent.

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La crise des moutons.

Il y a bien quelque chose dont nous avons pris conscience en Asie, c’est l’importance du temps. Avoir le temps permet beaucoup de chose, c’est une liberté indéniable. Étant à Chiang Mai et devant être à Bangkok à temps pour accueillir notre cher Serafin, nous prenons la décision de nous payer un ticket de bus pour redescendre à la capitale. Oui, le temps, c’est bien de l’argent. De plus, nous nous rendons compte une fois de plus que nous n’aimons pas être traités comme des montons. C’est dans un car rempli de touristes que nous allons faire ce trajet. Où est la rencontre là-dedans ? Dans ce genre de situation, vous apprenez plus sur les cultures des autres voyageurs, soit généralement des pays européens, que sur la culture locale. C’est sympa mais pas vraiment ce que l’on recherche.

 

Arrivés à 7h du mat à Bangkok, complètement éclatés, nous avons rendez-vous avec notre cher Sérafin sur Koh Sam Road, le lieu de rdv des backpackers à Bangkok. Lui vient de débarquer d’un vol d’Azerbaïdjan Airlines (oui c’est incongru mais cela ne surprendra pas celui qui, bien heureux, connaît le Sérafin). Va savoir pourquoi, on le retrouve attablé dans un bar qui ne ferme jamais. Retrouvailles, joie, bonheur, il faut célébrer. Il est 7h30 et on commande une girafe. Bangkok commence bien.

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Une réflexion au sujet de “Semaines 28-29 : VIETNAM / CAMBODGE / THAÏLANDE

  1. Les lisembard

    C’est l’un de vos plus beaux post. Tellement d’humanité. Et vos photos du Cambodge sont superbes. Manifestement vous avez aimé. Bonne suite. Sachant que vous devez être loin déjà. Bises de France.

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