Semaine 11 : TURQUIE

Nous avons commencé cette semaine par du pratico-pratique. Autrement dit l’envoi de colis chez nous. Bien que n’ayant pris que peu de choses dans notre sac, celui ci est déjà trop lourd ! Et puis il y a toujours les babioles que nous récupérons sur le chemin qui commencent à peser. En tout, on réussi à se débarrasser de 5 kilos pour avoir des sacs d’environ 9 kilos. C’est pas mal, mais on pourra faire mieux plus tard ! Nous voilà prêt à reprendre la route.

 

Le passage en Cappadoce

On nous avait prévenu que la Cappadoce était une très belle région, et on ne nous avait pas menti. De plus, nous avons eu la chance de la découvrir sous un très beau temps. Après avoir quitté Tugser et être passer prendre des forces dans notre super cantine, nous nous sommes mis en route pour le musée en plein air de Göreme.

Stop super easy. A peine on lève le pouce que les premières voitures s’arrêtent. A peine passé un col et apercevant l’entrée de la ville, on commence à voir ces fameuses formations rocheuses que l’on voit sur toutes les photos de la Cappadoce. Notre chauffeur nous dépose pile devant le musée, au moment même où un car de chinois ouvre ses portes.

Urgup 7Urgup 3Urgup 2Göreme 3

Depuis notre arrivée à Urgub, nous remarquons qu’il suffit de tourner la tête et de regarder autour de soi pour apercevoir ici et la des maisons troglodytes, ou ce qu’il en reste (parfois la roche s’est brisée, ou bien l’entrée a été obstrué). Il y en a partout, et c’est assez dingue de se dire que des gens ont vécu la. On imagine ces cavités habitées. Ici, un renfoncement pour une étagère, la une petite pièce surement pour y mettre un lit, la encore un trou pour le foyer. La vie dans ces villes serait surement surprenante à regarder pour nous, hommes du XXIe siècle.

Urgup 6Urgup 5

Au musée en plein air de Göreme, ces cavités ont été travaillées, elles sont plus élaborées qu’ailleurs. Nombre d’entre elles sont de petites églises dont les peintures sont tantôt très basique (genre dessin d’enfant à la peinture rouge), tantôt très élaborées. Malheureusement, elles ne sont pas toujours bien conservées. De plus, certaines ont subi des dégradations : les visages des personnages ont été entaillés de coup de burin et des petits cons ont gravé leur nom dessus comme on grave le nom de son amoureuse dans un cœur sur une table d’école. Bravo les gars…

Dans bon nombre de ces petites églises se trouvent également des tombes dans lesquelles on peut voir les restes des squelettes à travers une vitre. Un peu glauque.

Cappadoccia 1Göreme 2Cappadoccia 2

Nous profitons de cette belle région. Malheureusement, comme toujours, le business du tourisme est présent partout et il est dur d’y échapper. Nous avons vu ce qui nous intéressait et c’est l’essentiel. Après avoir pris un thé en profitant d’un panorama sur la Cappadoce, nous nous mettons en route vers Derinkuyu et sa ville souterraine.

Cappadoccia 4Cappadoccia 3Göreme 4

Trois lifts plus tard, dont un dans une voiture de kéké turc (la moumoute vache sur les sièges, c’est de toute beauté…), nous arrivons à Derinkuyu, et à notre plus grande surprise, la ville n’a pas l’air du tout touristique, c’est plutôt « du genre agricole »… Pour le couchsurfing, c’est mort, il n’y a tout simplement personne. Pour planter la tente, c’est compliqué. Nous sommes dans une zone très plate, sans trop d’arbres, et se planquer va être difficile. On essaye tout de même. Cependant, une grosse averse vient bien vite freiner nos envies. Ce soir, ça sera hôtel pas cher ! Dans le classement des chambres les plus dégueulasses que nous ayons vu jusqu’à présent, celle ci arrive en deuxième position après celle de Shkoder en Albanie ! Mais au moins, les draps ont l’air propre et surtout on sera au sec !

Göreme 5

Jeudi matin, on se réveille de bonne heure. Nous souhaitons remonter le plus vite possible vers Trabzon après la Cappadoce. Levé à 7h30 (c’est exceptionnel pour nous), puis enchainement exercices physiques, temps de méditation, douche, petit dej, et nous voilà fin prêts pour entamer la journée.

 

L’avantage d’arriver tôt sur les sites touristiques est qu’il y a souvent peu de monde. Nous sommes les premiers à arriver aux portes de la ville souterraine de Derinkuyu. Le gars à l’entrée allume les lumières juste pour nous.

N’ayant pas de guide, nous pénétrons seuls dans les tunnels sombres de Derinkuyu. Cette ville souterraine est la plus grande des cités souterraines découvertes en Turquie, et pouvait accueillir jusqu’à 20 000 personnes sur huit niveaux. Seulement quatre niveaux sont accessibles au public, mais ce que nous voyons est déjà impressionnant.

grotte 1

En suivant les flèches sur les murs, nous passons de salle en salle à travers des tunnels. De temps à autre, nous passons devant des puits d’aérations, ou de lourdes portes en pierre taillées circulairement. La roche est taillée de manière intelligente, pour récupérer et stocker de l’eau qui vient de la terre, pour faire un feu et évacuer les fumées, etc.

Derinkuyu 1

Nous nous demandons combien de temps ça a pu prendre de creuser tout ça.

Concernant l’origine de cette ville est de ceux qui l’ont creusé, les avis divergent. Nous ne sommes pas historiens ni archéologues, donc on vous laisse vous faire votre propre avis. Vous pouvez trouver pas mal de textes et de reportages sur les cités souterraines de Cappadoce. Ce qui est sur, ce que ça vaut le coup d’être vu !

grotte 2

L’étape à Sivas

La Cappadoce, étape obligée, étant terminée, il nous faut rejoindre Trabzon pour choper notre visa iranien, et cela veut dire faire un bon bout de chemin pour rejoindre la côte de la mer noire. Après plusieurs lifts plus ou moins long, plus ou moins agréable, nous avons la chance de tomber sur deux jeunes dans une Opel Corsa qui vont nous avancer de plus de 200 bornes. Nickel. Leur destination ? Sivas. Nous ne connaissons rien de cette ville mais comme d’habitude, on se dit que si on ne trouve pas d’endroit pour dormir, on pourra toujours planter la tente. Que neni mon ami ! Il y a des montagnes et même des pistes de ski pas loin, et la nuit dans le coin, ça caille !

 

Fort heureusement, comme souvent en Turquie (et c’est tant mieux), le couchsurfing marche très bien. Yusuf nous répond très vite et nous propose de le rejoindre, lui et ses collocs, dans leur café favori. Nous faisons donc la connaissance de Yusuf, Tufan et Gisem, les trois colloc, accompagnés d’un de leur ami coréen, John. Le courant passe super bien entre nous. Ce sont également des personnes habituées aux voyages, aux rencontres, aux échanges, et ça se sent. Yusuf lui, a même pour habitude de voyager sans argent. Il projette d’ailleurs de partir faire un tour en Europe avec John dans quelques jours. Ce qu’il y a de bien entre voyageurs, c’est qu’on a toujours de bons conseils à se refiler ! Nous lui présentons le site findacrew.com pour faire du bateau stop, et quand à lui, il nous montre le groupe facebook Couchrail, une sorte de communauté couchsurfing turque qui nous sera très utile par la suite !

Sivas 3

A peine nous nous connaissons qu’ils nous demandent de rester une nuit de plus. Nous avons eu l’impression de revoir des amis de longue date, et nous nous sentons chez eux comme chez nous. C’est assez rare comme sensation en voyage, et c’est très reposant.

Sivas 2Sivas 5Sivas 1

Nous y avons passé deux nuits et deux jours. Un des couchsurfing des plus agréables. Encore une fois, un grand merci à eux pour ces bons moments J

 

 

Rencontre avec Mike

Mike, c’est le genre de mec qui vous refait. Faisant du stop à la sortie de la ville de Tokat, un SUV arrive de la route à notre gauche. Il s’arrête pour regarder la route avant de s’engager et Tom en profite pour lui faire un signe. La voiture vient à notre niveau et son chauffeur ouvre la fenêtre pour nous demander où nous allons. Niksar ! C’est à l’opposé de son chemin, mais il accepte de nous avancer. Ça c’est cool ! Mike est le premier kurde que nous rencontrons en Turquie. Bien que des tensions existent et peuvent être ressenties lors de voyage en Turquie, nous en tant que français, on s’en fout. Mike est carrément cool et c’est ce qui compte. A 33 ans, il est le 8eme d’une famille de 15 enfants ! Moi qui pensait faire partie d’une famille nombreuse… Bitch please. Des discutions intéressantes s’engagent. Nous discutons de lui, de sa famille, de son boulot, de notre voyage. On s’arrête même prendre une bière. En plus, il écoute de la bonne musique. Après avoir écouté du Lou Reed, Bobby MC ferrin, un son m’interpelle. C’est du Noir Désir ! Noir désir est donc connu en Turquie… Qui l’eu cru ? Dehors, le paysage, très vert, est vraiment classe ! Au final, Mike aura fait un détour d’un peu plus de 100 bornes juste pour nous avancer. Des conducteurs comme ça, on en veut bien tous les jours !

Voiture Kurde

Du lundi matin à Kayseri jusqu’au dimanche soir à Ordu en passant par la Cappadoce, nous avons parcouru pas loin de mille bornes mine de rien. De plus, nous avons pu admirer des paysages bien différents, entre les plaines sèches de Derinkuyu aux collines verdoyantes entre Tokat et Niksar, en arrivant sur les bords de la mer noire. Un plaisir pour les yeux !

Portrait routeOrdu 2Ordu 1UrgupKayseri 1Amasya 1

La Turquie en dévellopement.

Cela fait donc un moment que nous sommes en Turquie, et s’il y a bien quelque chose que nous avons remarqué, c’est que ce pays se développe ! Partout le long de notre parcourt, nous voyons des chantiers en cours. Des ponts, des tunnels, des gares, des voies de chemin de fer, des stades, des mosquées, etc. Partout la Turquie se construit. Alors que nous avions vu le Osman Gazit Bridge encore en construction en sortant d’Istanbul, celui ci a été terminé il y a quelques jours à peine. Seulement, d’après l’un de nos hôtes, il y a également un revers de médaille. L’économie turque marche pas mal grâce à ces investissements en projets de développement d’infrastructures, mais qu’en sera-t-il ensuite ?

 

Etat d’esprit

Nous sommes en Turquie depuis un bon moment et nous sentons qu’il nous faut bouger, changer de pays, être de nouveau surpris par tout. En effet, nous avons nos petites habitudes, on a remarqué comment fonctionnait les choses et même lorsque nous changeons de ville, on a l’impression d’être à la maison ! Nous sommes impatients de passer en Iran. Bien que beaucoup de turcs se demandent ce qu’on va faire la bas, nous le sentons bien et c’est l’essentiel. Et puis, l’Iran est le dernier pays du chapitre 1, ce qui veut dire que normalement, dans moins d’un mois, nous serons en Inde, et ça, c’est excitant.

Une réflexion au sujet de “Semaine 11 : TURQUIE

  1. christine

    Nous aussi, on a hâte de découvrir l’Iran avec vos yeux. Chapeau pour vos récits. Il vous faudra réunir vos textes au retour et publier un carnet de voyage. C’est vivant, intéressant et très bien écrit…
    Bonne route.

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