Semaines 12-13 : TURQUIE

Arrivée sur Trabzon – Visa

Nouvelle semaine qui commence pour nous, et elle est synonyme de visa et d’Iran. Cependant, elle rimera plus avec attente qu’autre chose. Laissez moi vous expliquer.

Nous sommes donc lundi matin. Après un lift de deux heures, nous voilà enfin sur Trabzon. Comme expliqué précédemment, nous espérons avoir notre visa en quelques jours dans cette ville car tous les forums de voyageurs en parlent.z

Maska 1

Trabzon 4

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Après avoir goûté au pide-pizza (concept mixant un pide et une pizza), nous voilà marchant d’un pas fier et décidé en direction du consulat iranien. Nous nous munissons de notre passeport et, avec un grand sourire, nous sonnons à la porte. Un homme nous ouvre et nous dit de revenir le lendemain. Malheureusement, le consulat est fermé dans l’après-midi pour les non-ressortissants du pays.

Nous repartons déçus, mais qu’à cela ne tienne ! Nous avons attendu un mois avant d’arriver ici, nous pouvons bien attendre une journée de plus. Et puis de toute façon, nous n’avons pas le choix !

Nous repartons donc dans notre restaurant pour profiter de la connexion internet afin d’envoyer comme à notre habitude, des demandes couchsurfing.

 

Ce soir, nous dormirons chez Gokhan. Nous avons de la chance, notre hôte vit dans un bel appartement avec un balcon donnant sur la Mer noire.

Gokhan prend en ce moment des cours de français. Etant lui-même un grand voyageur, il souhaite apprendre le plus de langues possible. Je suis assez impressionné par son niveau après seulement deux mois d’apprentissage.

Nous passons une bonne soirée et apprenons à le connaître.

 

Le lendemain, il fait grand soleil. Nous repartons confiants pour l’ouverture du consulat. Et si nous arrivions à l’avoir en un jour ?

Arrivés devant le guichet, la première question qu’on nous pose est « Quel est votre ‘‘reference number’’ ? ». Nous avions décidé de ne pas le prendre car certaines personnes ont réussi à avoir leur sésame sans ce fameux numéro.

Hélas, pas pour nous. Nous devons revenir avec ce ‘‘reference number’’ impérativement.

Nous ne pouvons pas y échapper, nous allons devoir payer 110 euros à deux pour pouvoir faire notre demande de visa.

 

Cette journée sera dédiée à l’obtention de notre numéro. Après avoir trouvé l’agence la plus fiable et la plus rapide, nous apprenons que nous le recevrons dans les 10 jours ouvrés. Ça fait beaucoup d’attente, mais malheureusement, nous n’avons pas le choix.

 

Nous décidons de changer nos plans et de faire notre demande de visa sur Erzurum. Cette ville turque est plus proche de la frontière et, suite à nos nouvelles recherches, semblerait être plus que rapide pour les visas.

 

Après cette journée chaotique, nous revenons chez Gokhan où nous attendent deux de ses amis. Ce soir, c’est festin ! Nous mangeons sur le balcon face à la Mer noire. On peut au moins se consoler avec cette belle soirée qui contraste avec cette journée maussade. Lors de ce diner, nous faisons la connaissance de Kursat qui vit sur Erzurum. Il repart voir sa famille dans deux jours et propose de nous y conduire et même de nous héberger pendant une ou deux nuits. C’est juste génial. La chance nous sourit à nouveau.

Nous nous couchons donc le ventre plein et de nouveaux espoirs plein la tête.

 

 

Sumela Monastry

Nous avons donc encore une journée à attendre avant d’arriver sur Erzurum et nous décidons de visiter la région de Trabzon. A une cinquantaine de kilomètres de là, il y a le monastère de Sumela.

Après un trajet en minibus, nous arrivons de bonne heure sur place. J’aperçois le monastère perché sur le flan d’une montagne. Je me demande comment l’homme à pu construire un tel édifice en 386 ap J-C.

Pour arriver au sommet, nous devons grimper pendant une bonne trentaine de minutes.

Sumela 1Sumela 3

Arrivés en haut, une petite surprise nous attend. Le bâtiment est rénovation. Nous ne pouvons même pas accéder au parvis du monastère. Nous n’avons plus que nos yeux pour admirer de loin cette splendeur.

Quitte à être ici, autant en profiter jusqu’au bout. On décide de continuer de marcher dans la vallée. Il fait beau, chaud et le seul bruit qu’on entend, c’est l’eau de la rivière qui se déverse à quelques centaines de mètres plus bas. Qu’il est bon d’être voyageurs et de pouvoir vivre de tels moments.

sumela 2

 

Notre vie sur Erzurum

  • Logement chez Kursat

Après avoir passé quelques jours chez Gokhan il est l’heure pour nous de lui dire au revoir pour rejoindre Kursat. Quatre heures de route nous attendent et je prends conscience qu’on a de la chance de ne pas avoir à faire du stop pour y arriver. Nous passons trois cols de montagne. En gros il fait très froid.

road to Erzurum 1road to Erzurum 2road to Erzurum 3

Depuis quelques jours nous nous sommes facilement acclimatés. Ce n’est pas difficile, nous sommes en T-shirt tous les jours et c’est plaisant. Mais arrivés sur Erzurum, on comprend qu’on va devoir remettre la doudoune et le coupe-vent. La ville est perchée à plus de 2000 mètres d’altitude. C’est comme si nous passions de Nice à Courchevel. C’est dur !

Erzurum 1

Erzurum 2

Ce soir, la femme de Kursat nous a prévu un repas gargantuesque. Nous goûtons à tout et cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu le ventre aussi plein. J’ai même du mal à respirer après ce repas. Nous passerons la fin de soirée à jouer avec leurs deux filles. L’aînée, âgée de 12 ans m’impressionne. Elève surdouée, elle a obtenu une bourse d’étude pour étudier dans l’un des meilleurs collèges du pays. La moitié de ses cours sont en anglais et elle commence même à apprendre l’allemand. Nous pouvons donc facilement converser et c’est fort agréable. Nous avons même le droit à une démonstration de katas de sa part.

Kursat house 1Kursart house 2Kursat house 3Kursat house 4

Nous passons notre deuxième journée à visiter la ville d’Erzurum. Une chose est sûre, il fait froid et il n’y a pas grand chose à faire ici. Après avoir bu maint et maint thés nous retrouvons Kursat et sa famille pour notre dernière soirée en leur compagnie. Encore une fois, sa femme nous prépare un festin et c’est sans souci que nous rejoignons Morphée.

 

 

  • La pente

 

Nous tenions à vous expliquer un phénomène un peu particulier que nous avons vécu. Sur les hauteurs de la ville, il y une route avec un léger dénivelé, un peu particulière. Elle possède un magnétisme tellement puissant que lorsqu’on coupe le moteur, la voiture monte toute seule. C’est assez drôle et troublant à la fois. Nous n’en croyions pas nos yeux, et comme pour un tour de magie nous pensions qu’il y avait une supercherie cachée là-derrière.
Mais lorsque nous avons retenté cette «expérience» dans l’autre sens, c’est à dire en descente, la voiture a commencé à ralentir, puis a stoppé, pour enfin remonter la pente en marche arrière. La voiture étant toujours à l’arrêt, nous ne pouvions qu’approuver ce phénomène.

 

Si vous voulez vivre cette petite expérience comme si vous y étiez, cliquez sur le lien.

 

 

  • Nos différents hôtes sur Erzurum : Erkan et la coloc d’Erol

 

Ne voulant pas abuser de l’hospitalité de Kursat, nous décidons de trouver un autre logement en attendant notre ‘‘reference number’’. Encore une fois, grâce à couchrail et sa communauté, nous trouvons facilement un toit pour ce soir. Nous dormirons donc chez Erkan et Erkan, deux Kurdes vivant sur Erzurum pour leurs études de cinéma.

Erkan house 3Erkan house 1

On passe la soirée à parler de cinéma et nous en prenons plein la vue avec la culture cinématographique de nos hôtes. Il semblerait qu’ils connaissent un peu mieux Mireille Darc que nous.

Ne pouvant nous héberger plus longtemps malgré le bon feeling entre nous, ils nous trouvent des élèves en école de littérature anglaise pouvant nous héberger.

C’est ainsi que nous nous retrouvons le deuxième soir chez Erol et c’est coloc. Ils sont un peu plus jeunes que nos hôtes de la veille. Ils sont funs et on rigole bien. Ils sont un peu barrés mais surtout on se rend compte que c’est une bonne coloc… de cinq mecs. Et pour pimenter la chose, ils ont adopté un chatte en chaleur quelques jours plus tôt (on reconnaîtra toute suite les esprits mal placés). Elle miaule tout le temps et ils ne savent pas quoi faire avec. L’appartement n’étant pas des plus propres, l’adoption du chat n’arrange pas leur affaire.

Nous passerons donc deux jours avec eux à partager la culture turque et à apprendre un peu plus de leurs us et coutumes.

 

 

 

Notre escapade géorgienne

Après deux jours dans la coloc d’Erkan, nous recommençons à tourner en rond. Notre ‘‘reference number’’ n’arrive toujours pas et il faut s’occuper. Faire un trecking dans les environs c’est bien beau mais nous sommes tout de même déjà perchés à plus de 2000 mètres d’altitude et autant dire qu’on se caille déjà les miches avec nos vêtements.

Aller vers le sud du pays, tout le monde nous le recommande mais bon, c’est un peu la frontière syrienne. On pense que deux jeunes Français en pleine force de l’âge feraient un peu une proie facile pour certains barbus radicalisés.

 

C’est décidé, nous partirons donc demain pour la Géorgie. Jeremy que nous avons rencontré quelques semaines plus tôt sur Izmir et avec qui nous avons bien sympathisé vient d’arriver sur Batoumi, ville frontalière avec la Turquie. Nous irons le rejoindre. Quitte à attendre, autant vivre de nouvelles expériences.

Après une journée de transport et avoir vu des paysages hors du commun et tellement différents en une seule journée, nous voilà arrivés dans la ville du péché pour les turcs. Casinos, bordels et bars fleurissent dans la ville. Mais ce n’est pas pour nous… nous n’avons pas assez d’argent.

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Plus sérieusement, nous retrouvons Jeremy et passons nos deux prochains jours à visiter la ville. Il n’y a rien d’exceptionnel ici hormis le fait de voir une nouvelle culture, de nouveaux visages et d’entendre une nouvelle langue. La ville étant au bord de la Mer noire et entourée par les montagnes, il pleut souvent et nous devons sortir les K-ways.

Batoumi 1Batoumi 2Batoumi 3Batoumi 4Batoumi 5

L’une des choses qui nous a le plus marqués dans cette ville, ce sont les voitures sans pare-chocs. Mais pourquoi ? Ce n’est pas comme si nous n’en avions vu qu’une seule, mais des dizaines et des dizaines. Un gang les vole-t-il ? Est-ce que les trottoirs sont trop hauts ? Impossible à savoir, mais en tout cas, ça nous aura bien fait rire.

voiture Batoumi

 

Le lendemain, surprise, nous recevons notre ‘‘reference number’’. Nous avons trois jours pour retourner sur Erzurum pour faire notre demande.
Nous repartons donc le lendemain vers Erzurum avec Jeremy. C’est le cœur serré que nous lui disons au revoir. Nous ne nous sommes pas vus beaucoup de temps mais une vraie amitié est née. Comme on dit ici, Inch’Allah, nous boirons un thé en Iran si nos routes se recroisent.

 

 

L’obtention de notre visa

 

Pour rejoindre Erzurum au plus vite, car il ne faudrait pas louper notre visa, nous décidons de rentrer en bus avec une compagnie lowcost. Après avoir loupé le bus de 16h à Hopa en Turquie, nous devons attendre 20heures pour le prochain car. Ce n’est pas sûr que notre couchsurfeur, trouvé entre temps, accepte de nous recevoir après minuit.
Mais bon, quand on apprend que le bus fait un détour jusqu’à Trabzon et qu’on arrivera sur place entre 4 et 5 heures du matin, nous perdons tout espoir.
Après avoir passé l’un des trajets les plus chaotiques, nous arrivons sur Erzurum comme prévu à 4h30. J’ai réussi à dormir trois heures, mais impossible de trouver le sommeil sur les sièges en métal de la gare. Quant à Pierre-Do, qui a à peine dormi dans le car, il ne se fait pas prier pour dormir deux petites heures allongé comme il peut sur un banc métallique.
Je ne suis pas le seul à faire les cent pas, mais nous sommes récompensés par un beau lever de soleil sur les montagnes d’Erzurum.

back to Erzurum 1

Il 9h du mat’ et aujourd’hui c’est notre jour. Nous obtiendrons notre visa iranien. Après avoir traversé toute la ville, on se rend compte qu’on n’est pas au bon endroit. Le consulat Iranien a déménagé il y a quelques années. Merci Google !
On repart donc dans l’autre sens et cette fois-ci, c’est la bonne. On aperçoit le drapeau iranien.

Après avoir rempli quelques papiers et bien évidemment, refait un joli transfert, on obtient en 30 mn notre visa. Mon Dieu que c’est bon.

A noter tout de même la gueule du consulat. Je pense que la photo parle d’elle même. On est loin des standards des ambassades. On en rigolera un bon moment.

Consulat Iranien 1

 

 

Notre trajet pour Dogubuyazit avec des Kurdes

Sur notre trajet pour l’Iran, on se rend compte que la distance d’Erzurum à la frontière iranienne est assez grande. On passera donc notre dernière nuit sur Dogubuyazit. Lors du voyage, nous avons fait la connaissance de quatre Kurdes qui nous ont payé tout le trajet. Nous passons un réel bon moment avec eux.
Après qu’ils nous ont chanté une chanson en kurde et nous ont fait partager un peu de leur culture, c’est à notre tour.
Nous prenons notre courage à deux mains et nous commençons à chanter « Dans les prisons de Nantes ». Il faudra encore s’entraîner, nous laissons filer quelques couplets perdus en cours de route. Tant pis, nous leur avons, à notre manière, fait partager notre culture, et c’est ce qui importe.

Kurde 1

Demain, nous changerons de pays pour l’Iran.
Nous voyons le bout de notre premier chapitre.

Je vous dis à la prochaine, avec notre première semaine en Iran vue par Pierre-Do.

Je vous laisse admirer le plus cadre trouvé en Turquie !

deco Hotêl Turquie

 

La Nomade Bise !

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