Semaine 14 : IRAN

Bonjour à tous ! Comme vous pouvez le constater, nous avons un peu de retard dans la parution de nos articles, mais trouver une connexion internet assez bonne pour charger les photos est parfois compliqué. L’Iran est un pays super à visiter, et je vous laisse découvrir notre première semaine.

Le passage en Iran

Dernier réveil en Turquie, il pleut. Beaucoup. Dans la chambre d’hôtel, nous passons la matinée à attendre que cela se calme en rédigeant nos journaux. Peu après midi, la pluie s’est calmée mais le ciel reste très nuageux, et cela nous empêche de voir le sommet du Mont Arrara lors de notre trajet vers la frontière.

Avant celle-ci, nous voyons des files interminables de camions en attente d’être contrôlés pour entrer en Iran. Nous nous attendons à un contrôle sérieux de la part des douaniers : contrôle anti-drogue, fouille des sacs et tout le bazar. En fait, cela se passera bien différemment. Le douanier turc pour la sortie de la Turquie nous demande où nous comptons voyager, et nous demande notre Facebook, notre Instagram et tout ce qui va avec pour suivre notre voyage. Okay c’est relax.

entréé Iran - bouchon camion

Le douanier iranien à l’entrée de l’Iran nous fait sortir de la file d’attente et nous emmène près de son bureau. Nous pensions devoir répondre à pas mal de questions. Ce fut le cas. Mais il nous a posé beaucoup plus de questions sur le football français, Zidane et le PSG que sur les raisons de notre séjour en Iran.

Au final, on a l’impression qu’il nous garde de côté car ça lui fait plaisir de discuter avec deux Français. Pourquoi pas, tant qu’au bout d’un moment on peut entrer dans le pays ! Vingt minutes et deux coups de tampons plus tard, voilà qui est fait.

 

Après un rapide passage au bureau de change et la rencontre d’un agent de change ne sachant pas compter (c’est embêtant pour un métier comme celui ci..), nous voilà fin prêts pour attaquer l’Iran ! Nouveau pays, nouvelles lois, nouvelle langue, nouveau tout, il faut s’adapter et le changement fait du bien ! Nous avons dû apprendre les rudiments de farsi pour engager une conversation, et également les chiffres (toujours utiles pour négocier), ainsi que leur écriture en alphabet farsi. Malheureusement certaines personnes essayent de nous gonfler les prix parce que nous sommes étrangers, donc savoir lire les prix en farsi, ça aide !

route montagne Tabriz

Le stop en Iran

Nous pensions que la Turquie était super facile en ce qui concerne le stop, mais ça, c’était avant ! L’Iran, une fois qu’on a compris les codes, est encore mieux !

En Iran, et à ce qu’on a compris, entre Iraniens, le stop n’existe pas en tant que tel. Par contre, il y a des personnes le long de la route qui attendent, et des voitures qui s’arrêtent pour les emmener, contre une participation monétaire.

A cause du tarof (les règles de politesse iraniennes) il est mal vu de demander de l’argent, et les conducteurs vous diront qu’ils font ça gratuitement. Le problème, c’est qu’ils s’attendent tout de même à ce que vous payez à la fin de la course. Ah-Ah…

plage azerb picnic route

En dehors de ça, une fois qu’on maîtrise un peu les codes locaux et qu’on sait reconnaître si le conducteur veut bien nous emmener contre un sourire, les choses vont comme sur des roulettes !

 

Nous n’attendons jamais plus de dix minutes. Parfois nous ne levons pas même le bras et n’avons pas encore posé nos sacs que des voitures s’arrêtent à notre niveau. Parfois même (et c’est génial), des policiers arrêtent des voitures pour nous et attendent d’en trouver une qui va jusqu’à notre destination finale pour nous emmener. Super cool !

 

C’est ainsi que dès les premiers jours, nous rejoignons Maku, Tabriz puis Zanjan et enfin Téhéran. Les routes par lesquelles nous passons sont impressionnantes, particulièrement le long de la frontière avec l’Azerbaïdjan, et entre Tabriz et Zanjan. Les formations rocheuses que nous pouvons observer depuis l’autoroute sont totalement inconnues pour nous, Français. Nous faisons remarquer la beauté des paysages à notre conducteur qui, lui, est apparemment habitué, et n’est pas vraiment touché. La prochaine fois que vous prendrez l’A6, émerveillez-vous devant ces collines verdoyantes de chez nous et dites-vous que des Iraniens trouveraient ça trop classe !

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Petite remarque. Ici sur les autoroutes, on s’arrête quand on veut. On peut passer de 150km/h à 0 pour s’arrêter sur le bas-coté acheter une pastèque. Normal.

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rue Tabriz 20160503_172237_HDR_Fotor Maku

Joseph et Pegah

Pour ce qui est du couchsurfing, ayant l’habitude d’envoyer des demandes à la dernière minute, il a fallu adapter notre méthode. Ici, et à la différence de la Turquie, les réponses dans l’heure sont rares.

Quand nous étions à Zanjan, nous avions déjà pris une chambre miteuse dans un hôtel pourri lorsque nous avons reçu un message de Joseph et Pegah, deux couchsurfers à qui nous avions envoyé une demande, nous disant que même s’il était tard, nous serions les bienvenus chez eux. On se dit que c’est quand même « con » d’avoir payé une chambre pour rien, alors on accepte leur invitation car nous n’avons pas encore eu l’occasion de rencontrer des locaux. Et Dieu merci, nous avons rencontré ce couple génial !

 

Après un trajet en taxi avec un chauffeur à moitié aveugle (« J’peux plus lire mais t’inquiète, j’distingue les formes ! » Ah bah nous voilà rassurés !), nous arrivons chez Joseph et Pegah. Ce jeune couple est marié depuis six mois et tous deux sont étudiants en ingénierie optique. Ils sont très charmants et notre venue tardive ne les gêne aucunement. Avec une autre couchsurfeuse tchèque déjà présente, nous discutons longuement et comparons nos cultures. C’est très intéressant pour nous de découvrir l’Iran de l’intérieur.

 

Ce pays nous apparaît comme un endroit où tout est interdit mais où tout est possible. L’alcool est interdit, mais il est apparemment relativement facile de s’en procurer au marché noir. Les réseaux sociaux sont interdits, mais même le président Rouhani a un compte Tweeter. Les chaines satellites sont interdites également, mais les paraboles fleurissent sur les balcons. Il y a une différence frappante entre ce que le gouvernement veut montrer et la réalité des choses.

 

Comme toujours, nous appliquons notre principe du « si on ne se plait pas quelque part, on part, mais si on se sent bien, on reste ! ». Ainsi, notre étape à Zanjan passe d’une à trois nuits, le temps pour nous de connaître nos hôtes mais également leur amis, puisque nous sommes invités à diner chez deux d’entre eux. Une soirée charmante durant laquelle on nous gave de pâtisseries iraniennes. Mais on ne s’en plaint pas, c’était super bon !

Diner Zanjan

Welcome to Iran, welcome to my country ! 

Cela fait un peu moins d’une semaine que nous avons franchi la frontière iranienne, mais nous entendons cette phrase partout où nous passons. C’est plutôt agréable !

Régulièrement, on nous arrête pour prendre des photos. Pourquoi pas ! Avec la levée des sanctions contre l’Iran, il y a de plus en plus de touristes et les Iraniens ont l’air heureux que des étrangers viennent visiter leur pays. De notre côté, on se dit que c’est le bon moment pour visiter l’Iran avant que cela ne devienne beaucoup trop touristique et plus du tout authentique.

rue téhéran rue téhéran 2

Par contre, on peut vous dire qu’ils ont vite compris que le tourisme pouvait rapporter de l’argent. En Iran, la moindre attraction touristique est payante, et coûte en moyenne 5€ l’entrée. Pour visiter tout le Golestan Palace de Teheran, il faut compter 30€ par personne. Pour nous, c’est beaucoup trop et nous devons faire des choix. Même de simples jardins sont payants. Dommages de vouloir tout monnayer… De plus, cela va à l’encontre de l’immense générosité iranienne que nous avons pu constater.

golestan 3 Golestan 1 Golestan

Heureusement, les contacts avec les locaux que nous avons eus durant cette semaine 14 ont été très riches et instructifs. À Téhéran, nous avons fait la connaissance de Meysam chez qui nous avons passé trois nuits. Après une première soirée pour apprendre à se connaître, les deux suivantes ont été très chaleureuses et nous avons eu du mal à le quitter, comme bien d’autres personnes avant lui.

meysam

Téhéran a été une étape pour nous. Ce n’est pas tout le monde qui va là-bas et on réalise peu à peu qu’on a réussi à rejoindre l’Iran depuis la France en stop. Cela nous fait sourire. Téhéran quoi !

Cette ville tout de même énorme (14 millions d’habitants) nous a plus impressionnés par son nom qu’en elle-même. Nous avons eu un peu le même sentiment qu’à Ankara. C’est une grosse ville, avec de gros bâtiments, mais il lui manque une âme. Une particularité qui la distingue réellement des autres grandes capitales.

Azaldi teheran

bouchons téhéran Graff Téhéran

Les transports avec séparations homme / femme.

En arrivant à Tabriz, nous voulions prendre un bus pour rejoindre le centre ville. À l’arrêt de bus, deux lignes sont matérialisées par des rambardes et mènent aux deux bouts opposés de l’arrêt. Au début, on se demande pourquoi, puis quand le bus arrive, nous comprenons. Les bus sont en effet séparés entre hommes et femmes ! Devant les hommes, derrière les femmes. Plutôt intrigant pour nous qui n’avons jamais vu ça auparavant. De la même manière à Téhéran, les métros disposent d’un bout de quai et d’un wagon uniquement réservé aux femmes. Pourquoi pas !

métro 1 métro 2métro 3

Petit conseil

En Iran l’alcool est prohibé, mais dès le premier jour, nous apercevons dans un réfrigérateur une bouteille qui ressemble à une bouteille de bière. Kesako ? C’est en réalité une « boisson à base de malt aromatisée sans alcool» On se dit que ça vaut le coup d’essayer et que c’est peut être pas si mauvais que ça. Haha. C’est dégueulasse. Une mauvaise limonade. N’essayez pas, autant attendre que l’Iran légalise la sacro-sainte bière…

Biere_Fotor

Notre première semaine en Iran a été riche de découvertes. Cela nous manquait vraiment. Pour la semaine prochaine, Tom vous parlera de notre descente dans le sud, vers des paysages plus désertiques. Nous pensons à vous (et à la gastronomie française de plus en plus, on l’avoue), et on vous dit à bientôt !

teheran musicien

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