Semaine 16 : IRAN

Deuxième jour à Yazd 

 

Chariot Yazd

Comme vous l’a dit Tom la semaine dernière, on s’est fait bouffer par les moustiques lors de notre première nuit, et avec la chaleur de la ville, on n’a pas dormi des masses. Mais qu’à cela ne tienne ! Nous voilà partis à la découverte de cette ville, où nous voyons pour la première fois des badgirs. Ces ingénieux systèmes permettent de profiter du vent en le captant et en le répartissant dans les différentes pièces du bâtiment. Et quand on crève de chaud, on peut vous dire que c’est agréable de rester sous le badgir !

badgir yazdYazdYazd 2

Lors de notre tour en ville, nous croisons encore une fois Cédric, un Français rencontré à Ispahan. Il est bien sympa et nous continuons notre visite ensemble. De son coté, il a également rencontré un autre Français qui se joint à nous. Ce dernier a entendu parler d’une sorte de musculation/lutte iranienne et veut absolument essayer. Nous nous retrouvons tous les quatre dans une petite salle avec une sorte d’arène creusée en son centre. D’habitude, quelques touristes viennent observer cet entrainement typique mais aucun d’entre eux ne le pratique. Les Iraniens que nous rencontrons sont donc assez étonnés de constater que notre nouveau collègue, Brice, veut vraiment essayer. Pour Tom et moi, on ne sait pas du tout à quoi s’attendre et on préfère regarder comment ça se passe avant.

Muscu Yazdmusicien Yazd

Au fur et à mesure que l’entraînement en musique avance (oui monsieur, avec un joueur de tambour/chanteur professionnel), on constate que notre nouveau collègue commence vraiment à en chier comme un Russe. Bien qu’il soit bien taillé et musclé (on parlera ici du « blond »), on le voit transpirer par tous les pores de sa peau à essayer de porter des espèces de grosses quilles et autres ustensiles. On a bien fait de ne pas tenter ça, mais respect à lui pour s’y être donné à fond !

En sortant de la salle, on se fait alléger de 100 000 rials chacun (et oui, ça reste l’Iran et TOUT est payant), et nous partons ensemble trouver un endroit où diner.

Motos Yazd

C’est là qu’en chemin, devant l’étal d’un marchand, Cédric nous propose de goûter quelque chose qu’il a déjà vu auparavant. J’ai commis l’erreur d’accepter. La chose en question, c’est une petite boule blanche, de la taille d’un gros dragibus, et très sèche. Alors que le goût n’a rien de spécial quand on croque dedans, on se rend vite compte qu’il n’est pas forcement bon de tout tester : la petite boule en question était en fait du fromage (de quel animal je ne saurais dire) et c’est bien la chose la plus dégueulasse que j’aie goûtée depuis le début du voyage !

Yazd 3

Shiraz

route Yazd

Nous sommes donc arrivés à Shiraz après une journée de stop à l’iranienne, c’est à dire des plus easy. Hormis une heure passée dans le désert sous le cagnard et durant laquelle on a eu plus que chaud (mise du chèche en mode bédouin…), tout s’est très bien passé.

Route ShirazRoute Shiraz 2 route Yazd 2Policiers Shiraz

Nous n’avions aucun couchsurfing de prévu ce jour-là, et nous avons décidé de nous rendre au premier hôtel que nous trouverions en tapant « hostel Shiraz » dans Google. Arrivés là-bas, un jeune couple nous accueille. Ils sont très sympas mais nous annoncent un prix hors de notre budget. Finalement, après une longue et sympathique conversation, ils acceptent de nous héberger contre de la pub et des conseils pour leur hôtel (comme quoi le dossier d’analyse stratégique sur le marché de l’hôtellerie en dernière année n’a pas été fait en vain !)

Enfants Shiraz Police Yazd

Le lendemain, nous sommes heureux car nous retrouvons notre pote Jeremy, rencontré à Izmir et revu en Géorgie. On l’aime bien ce mec, c’est un bon gars et le courant passe très bien entre nous trois ! C’est aussi l’occasion de faire du stop tous les trois pour la première fois.

Persepolis 3

En effet, nous souhaitons aller à Persépolis, capitale de l’empire perse achéménide.

Nous avons entendu pas mal de gens nous dire que Persépolis, ça n’est pas si fou que ça et que ça n’est finalement qu’un amas de vieilles pierres. Nous, on tient à dire que Persépolis, ça claque ! Certes, c’est un amas de vieilles pierres et on aimerait forcément voir la ville telle qu’elle était à l’époque, mais rien que ce qu’on peut voir est impressionnant. Toutes les sculptures sont particulièrement fines et très bien conservées : un régal pour les yeux ! Deux heures de visites et un kebab iranien plus tard, il est temps de dire au revoir à Jeremy. C’est la dernière fois de nos voyages respectifs que nous nous croisons. Nous nous dirigeons vers l’Asie et lui remonte vers les pays en stan. C’est avec émotion qu’on se sépare et qu’on se souhaite tout le meilleur pour la suite. La brièveté des moments et des rencontres en voyage leur donne une autre dimension, une intensité qui les rend à la fois tristes et beaux à la fois. Quitter Jeremy, comme d’autres avant lui, fut un de ces moments particuliers.

Persepolis Persepolis 2Sculptures Persepolis 2 Sculpture Persepolis

Le trajet jusqu’à Bandar Abbas

 

Après quatre nuits à Shiraz et un repos bien mérité, il est temps pour nous de reprendre la route. Et en l’occurrence, un défi se présente à nous. Nous devons rejoindre Bandar Abbas pour prendre le ferry pour Dubai. Seulement Bandar Abbas est à plus de 700km de Shiraz et le ferry part à 21h. Il ne faut pas se louper, et espérer que notre trajet sera aussi facile que les précédents en Iran.

 

Nous étions à peine sortis de la ville qu’un pick-up s’arrête à notre niveau et nous propose de nous déposer à l’entrée de l’autoroute. C’est nickel. Nous montons sur le plateau et, avec le sourire et sous le soleil, nous célébrons notre 200ème lift depuis le début de notre voyage.

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Route BA

Puis un gars nous emmène à Fasar. Cool, on avance bien, mais il faut faire vite. Là, sur le bord de la route, deux gars nous interpellent de loin. Tom va les voir et leur explique notre projet. Pas de chance, ils ne vont pas dans notre direction. Cependant, cinq minutes plus tard, ils passent devant nous en voiture et nous expliquent qu’ils vont nous avancer. Why not ? En fait, nous roulons deux minutes et les gars nous disent qu’ils veulent qu’on aille prendre le thé, mais qu’après ils nous avanceront. Ah mais non, non, non, pour nous le temps est serré et nous devons avancer ! C’est compliqué de leur faire comprendre ça mais ils nous promettent que prendre le thé ne prendra que cinq minutes. Bien évidemment vous vous en doutez, cela a pris beaucoup plus de temps, mais au final au ne regrette pas !

Nous sommes arrivés devant une espèce de… cabane, car appeler ça un bâtiment serait une exagération, en se demandant dans quoi on venait de se fourrer. L’endroit, finalement assez vaste, était un bar à chicha. Après un verre d’eau fraiche est venu le thé, après le thé est venu le narguilé (au réglisse, le meilleur de ma vie !), après le narguilé sont venues les questions de la vingtaine d’Iraniens se trouvant là, et après les discussions est venue l’inévitable séance photo. Au final, nous y aurons passé une heure, mais ça valait le coup ! Déjà parce que il ne pouvait pas y avoir plus typique que cet endroit (même si on l’avait cherché, on ne l’aurais pas trouvé), mais également car ces échanges ont été très chaleureux, et qu’avant de quitter l’Iran, cela faisait du bien.

Route BA Chicha

Nous voilà donc de retour sur la route après cette pause, en se disant qu’il faut rattraper le retard si on veut arriver à chopper le ferry. Le prochain lift sera la voiture la plus pourrie du voyage, mais au moins, elle avance ! S’en suivent un couple avec une petite fille adorable, puis deux profs en 206, et enfin deux gars en 405 qui nous ont vraiment bien avancés (parfois, des conducteurs ne respectant pas les limitations, ça peut être pratique…). Ils nous déposent pas loin de Gahkom et nous marchons le long de la route.

Route BA 2

De nombreux camions sont stationnés sur le côté pour vérification de papiers (en Iran, il y a des points de contrôle où les camions doivent impérativement s’arrêter). Deux chauffeurs nous interpellent en nous demandant ce que concrètement « on foutait là avec nos sacs à dos ». On leur explique qu’on doit aller à Bandar Abbas en stop pour prendre le ferry et ils sont okay pour nous emmener ! Notre chauffeur est azerbaïdjanais et fait régulièrement le trajet entre Bandar Abbas et Téhéran pour acheminer du pétrole. Là, il est sur le retour et sa cuve est vide, ce qui signifie qu’il est rapide. Observer le paysage depuis la cabine de pilotage est top, car c’est en hauteur. En plus, la route que nous prenons jusqu’à Bandar Abbas est vraiment belle, avec des parties un peu montagneuses et d’autres totalement désertiques. À ce rythme nous arrivons à l’heure au port pour prendre le ferry et être à Dubai le lendemain matin, c’est vraiment top, nous réussissons notre défi !

En prime, notre chauffeur accepte même de faire un détour pour nous déposer pile devant le port. La chance nous sourit !

Route BA 3 Route BA 4

En sortant de la cabine climatisée, on se rend compte que oui, conformément à ce que tous les Iraniens nous ont dit, il fait chaud à Bandar Abbas, très chaud…

Nous nous dirigeons d’un pas décidé vers la salle d’embarquement. Nous y entrons et… nous la trouvons vide… Oula, ça sent mauvais. Pourtant nous sommes bien sûrs de l’horaire, et il devrait normalement y avoir du monde. Même les guichets pour acheter les billets sont fermés. Nous trouvons un vigile et tentons de savoir ce qu’il se passe, mais celui-ci ne parle pas un mot d’anglais. Il sort son téléphone et appelle quelqu’un pour nous. La personne qui répond nous explique que le ferry d’aujourd’hui a été annulé au dernier moment pour cause de maintenance, et que le prochain ne partira que dans deux jours ! Alors qu’on s’est démerdés toute la journée pour faire plus de 700 bornes en stop et arriver à temps, on est bloqués à cause d’un évènement indépendant de notre volonté, c’est rageant ! En même temps, on n’a pas trop le choix, et il va falloir attendre.

 

Alors que nous nous dirigeons vers le centre ville pour tenter de trouver un couchsurfing, Tom aborde deux personnes qui rentrent dans une voiture et leur demande s’ils peuvent nous déposer dans le centre. Ils acceptent.

L’un d’eux parle un peu anglais, l’autre pas du tout. Mais comme toujours, on arrive à communiquer. Après 30 mn de voiture, celui qui ne parle pas anglais, Ahmad, nous propose de nous héberger chez lui. Parfait !!

 

En arrivant chez lui, sa femme nous propose différentes douceurs à manger. Elle est très serviable. Sa fille, pleine de vie, a un regard très vif. En voyant sa femme et sa fille se préparer, on comprend qu’Ahmad les vire tout simplement de chez elles pour pouvoir nous accueillir. Et apparemment, ça ne pose pas trop de problèmes. Why not ! Nous la reverrons le lendemain, seulement de loin, pour une heure, car son mari lui a demandé de venir cuisiner. Ça c’est de la différence culturelle. Les filles, prenez en de la graine ! (Va-t’on perdre des fans ?)

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Allez, la bise à tous et à la semaine prochaine !

 

 

 

 

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